Ton histoire, petite étoile

Je me souviendrais toujours de ce jour de 2017. Le jour de mon anniversaire, j’apprenais que j’étais enceinte de toi.

Un mois et trois jours après nos premiers essais bébé. J’avais bien du mal à croire que ça arrive si vite. J’étais tombée enceinte en l’espace de deux mois pour BE et je pensais que j’avais eu une chance incroyable mais que ça ne se reproduirait pas deux fois… finalement si, à ma plus grande surprise. Sur le moment, je suis passée par plein d’émotions différentes. J’ai été surprise, j’ai accusé le coup, et je me suis dit que c’était le plus beau cadeau d’anniversaire que je pouvais avoir! Si bien que je n’ai rien dit à ton papa pour lui  faire la surprise le jour de son propre anniversaire.

Entre temps, j’ai eu le temps de cogiter, toute seule. J’ai pensé qu’on avait de la chance mais que c’était trop tôt, qu’on allait avoir du mal à gérer deux enfants rapprochés, que BE était encore un petit bébé. Je ne me sentais pas prête à être séparée de BE ne serait-ce quelques heures, alors comment allais-je faire pour passer trois jours minimum à la maternité? Je me demandais si ton papa allait être content et qu’il me rassurerait ou s’il allait douter comme moi. Et puis, à côté de ça, je savais que tu avais été désiré, que tu avais été conçu le 1er janvier -je trouvais que c’était une belle date – j’espérais que tu serais une fille, je m’interrogeais déjà sur le prénom que tu allais porter.

Le 11 février, quand les saignements ont commencé, je me suis inquiétée, j’ai eu peur pour toi. A l’échographie, on voyait bien un sac embryonnaire mais rien dedans. L’interne tentait de me rassurer en me disant qu’à ce stade, c’était encore tout petit et pas forcément visible sur l’écho. Je t’ai demandé maintes fois de t’accrocher, d’aller bien, j’ai prié pour que tu ailles bien, j’ai caressé mon ventre pour que tu saches que j’étais là pour toi et que je regrettais toutes les pensées négatives et les doutes que j’avais pu avoir. Et puis, je t’ai dit que je t’aimais. Qu’au cas où tu t’en irais, il fallait que tu saches que maman ne t’en voudrait pas, et qu’elle t’aimait du plus profond de son coeur.

Le lendemain, vu les douleurs dans mon ventre et les saignements, je savais. Papa se voulait rassurant, mais je savais ce qui se passait, je savais que je te perdais. Confirmation. Fausse couche. A ce moment-là, le ciel m’est tombé sur la tête. Moi qui pensais intérieurement que je ne voulais pas de bébé si tôt, j’étais bouleversée que tu ne sois plus là. Je me suis retenue de pleurer à l’hopital, puis j’ai craqué. J’ai déversé des larmes et des larmes de tristesse, seule dans ma voiture, avant de rentrer et d’annoncer ça à ton papa.

J’avais des douleurs qui me rongeaient le ventre et le coeur. Je me sentais coupable d’avoir pensé toutes ces choses négatives. Comme responsable de cette fausse couche.  Tellement coupable que je n’en ai parlé à personne. Je ne sais même plus si je l’ai dit à ton papa ou s’il a compris sans que je ne dise rien. J’avais séché mes larmes mais mes yeux étaient larmoyants en rentrant à la maison, ma gorge était serrée, mon coeur meurtri et mon sourire n’était qu’une façade. Je ne voulais pas que ta grande soeur voit ma tristesse, alors je souriais quand j’étais avec elle et je m’effondrais dès qu’elle n’était plus là. Je crois que c’est grâce à elle que je ne me suis pas enlisée dans mon chagrin.

Ca a été une épreuve. Beaucoup d’interrogations, de remords et de culpabilité. Il m’a fallu quelques mois pour me remettre et pour désirer un nouvel enfant. Je ne sais pas si j’ai réellement fait mon deuil aujourd’hui…  Je me souviens du moment où, pour la grossesse de BA, la sage-femme m’a demandé combien j’avais d’enfants. Je n’ai pas pu m’empêcher de répondre que j’avais un enfant, mais que c’était ma 3ème grossesse. Alors c’est sûrement que je n’ai pas totalement fait mon deuil, peut être que je ne le ferai jamais, je n’en sais rien. Tout ce que je sais c’est que tu as une place à  part entière dans mon cœur.

Avec le recul, j’en retiens qu’il faut toujours voir et se réjouir des cadeaux que la vie nous offre. Je ne pense pas qu’il y ait de bons ou mauvais moments. On s’aimait, on voulait un bébé, on avait tout pour être, de nouveau, parents. Ce bébé était un miracle. Et à ce moment de ma vie, je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur, alors je te demande pardon.

Tu n’es plus là mais tu es toujours avec moi. Tu es ma petite étoile, celle qui brillera toujours dans mon cœur.

Ta maman qui t’aime de tout son cœur.

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2 Replies to “Ton histoire, petite étoile”

  1. Bonjour, Ton témoignage est très émouvant. La vie réserve beaucoup d’épreuve, je te souahite le meuilleur à venir.
    Bienvenue sur la toile je te suivrais avec plaisir 🙂
    EM.

    1. Merci unbrindemaman ! Il m’a fallu du temps pour pouvoir poser des mots, pour écrire cet article. Mais j’en avais besoin. Et pour la petite histoire, après ma petite étoile, je suis tombée enceinte de ma petite merveille « BA ». Alors, oui, la vie réserve des épreuves mais aussi beaucoup de bonheur. 🙂

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