Choisir d’allaiter

Dès ma grossesse, je savais que je voulais allaiter. Héritage familial sûrement. Ma mère nous avait allaités et c’était tout naturellement que je voulais nourrir mon enfant au sein.

Au début, je n’avais qu’un seul objectif : essayer d’allaiter. A aucun moment, mon homme n’a discuté mon choix. L’allaitement n’était pourtant pas du tout une tradition familiale… Dans sa famille, aucun allaitement, ni même aucun projet d’allaitement. A ce moment-là, je n’étais pas obstinée à vouloir allaiter. Je voulais seulement essayer. Si j’avais mal, je ne fermais pas la porte au biberon.

A la naissance de BE, l’allaitement s’est facilement mis en place. Aucune douleur. Une montée de lait passée inaperçue, pas de crevasses ou autres maux d’allaitement. La seule présence des sages-femmes qui m’aidaient à positionner bébé m’a permis de mettre en place un allaitement réussi. Objectif rempli !

Nouvel objectif : allaiter un minimum de temps, 3 mois. J’ai bien cru que je n’allais pas y arriver ! Au retour à la maison, BE tétait douze fois par jour, et chaque tétée durait très, très longtemps. En moyenne, elle tétait toutes les deux heures, de jour comme de nuit. Alors rapidement, la fatigue s’est installée. Les commentaires « elle est encore au sein ?! », « tu n’as peut être pas assez de lait » ou encore « tu serais moins fatiguée si tu passais au biberon »  ont fait bon train. Le choix d’allaiter ou de biberonner n’appartient qu’aux parents, je ne supporte pas que l’on puisse s’immiscer dans notre intimité et dans nos choix les plus réfléchis. Le pire, ça a été que mon homme puisse prononcer ces mêmes phrases. C’est à partir de ce moment-là que je suis devenue obstinée. Leurs réflexions et leurs critiques implicites ont eu l’effet inverse que celui escompté : au lieu de me décourager, ils m’ont blindée.

Un peu à bout, je me suis confiée à des amies qui avaient allaité (ou essayé d’allaiter, sans parvenir à mener leur allaitement comme elles l’auraient voulu) et ce sont elles qui m’ont donné la force de tenir. « Les deux premiers mois sont les plus durs. Après ce cap des deux mois, on trouve notre rythme, bébé aussi et tout va rouler beaucoup plus facilement ». J’avais du mal à y croire. Je comptais les jours encore à tenir, je me posais des milliers de questions quand BE pleurait au sein, j’ai parfois pensé à laisser tomber. Mais passé ces deux mois, cela a été effectivement beaucoup plus facile.

J’avais fait le plus dur. Alors, je me fixais des objectifs de durée au fur et à mesure. Quand j’atteignais les 3 mois d’allaitement exclusif, je pensais au 4ème mois et ainsi de suite. Jusqu’au jour où l’allaitement était devenu tellement facile, épanouissant que je ne réfléchissais plus de la même façon. C’était un moment à part, rien qu’à nous deux, une complicité intense, rempli de tendresse, un sentiment de bien-être total. La seule chose qui m’importait c’était de vivre pleinement mon allaitement.

Je ne me posais plus du tout la question « jusqu’à quand ? ». Mais plus BE grandissait, plus l’entourage se permettait de me la poser (à se demander en quoi cela les concerne et si ce sont eux qui se lèveront pour lui donner le biberon). Je crois que la clé d’un allaitement réussi est de le vivre pleinement, au jour le jour, sans se mettre de pression.

Au final, j’aurai allaité BE jusqu’à ses treize mois. Treize mois qui sont passés à une vitesse folle. Une parenthèse enchantée qui prend fin bien plus vite qu’on le l’imagine. Les débuts n’ont pas été faciles mais je ne retiens que le meilleur de cette période. Le bonheur que m’a procuré l’allaitement de BE méritait bien ces infimes sacrifices. Ce choix un peu indécis est devenu ma conviction.

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